mercredi 22 juin 2011

Dans l'antre monumental d'Anish Kapoor





L’oeuvre d’Anish Kapoor se pénètre... 

Dès l’entrée du Grand Palais, une porte à tourniquet nous fait passer de l’extérieur vers l’intérieur, de la lumière du jour à une pénombre rougeoyante. Le contraste est surprenant, déroutant. Nous voilà en quelques instants propulsés au coeur d’un organisme vivant, un tube digestif, une gorge, peut-être une anémone de mer, une cellule. Les enfants optent pour une solution les rapprochant plus du bout de l’intestin... Pourquoi pas...
Trois énormes cavités, orifices. Celle qui nous fait face dès l’entrée nous montre son extrémité, les deux autres, latérales, semblent nous entrainer vers un lointain inconnu. Nous sommes dans un ventre (celui d’une baleine ?) où retentit le gargouillis des visiteurs, à l’étroit, et pourtant l’espace au dessus de nos têtes est immense. Nous voilà Geppetto, Pinochio. Les sons se perdent, se répondent, comme un écho permanent à nos paroles, nos échanges. Quelques personnes frappent dans leurs mains pour éprouver et constater cela. La lumière est changeante, passant de la pénombre à l’illumination, laissant deviner par transparence la structure métallique de la nef au dehors. Quelques filaments semblent scintiller de rouge, de-ci, de-là, comme de petits vaisseaux sanguins. Je repense à ce que nous faisions, petit, en nous éclairant l’intérieur de la bouche avec une lampe de poche. Nous sommes comme seuls au monde, plus rien n’existe que ces trois cavités et la lumière qui les agite, les fait vibrer. L’air semble épais. Envie de sortir, envie de rester et puis on s’assoit à même le sol. Les enfants ont envie de grimper le long des parois, aller voir se qui se passe de l’autre côté. Je suis content qu’ils soient heureux d’être ici et que cela les amuse, les interpelle.
Et puis nous prenons le chemin de la sortie, en sens inverse, porte, tourniquet, lumière du jour. Alors même que nous avions complètement oublié ce à quoi pouvait bien ressembler cette structure vue de l’extérieur, nous pénétrons dans la nef du Grand Palais, et là, la surprise est de taille ! Trois énormes sphères semblant se détacher les unes des autres occupent quasiment la totalité de l’espace. Elles semblent en expansion et pourtant extrêmement délicates, épousant avec grâce la totalité de l’espace. Du balcon, nous pouvons observer leur gigantisme et la petitesse des hommes qui gravitent autour. Un dirigeable prêt à décoller...




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