lundi 19 novembre 2012

The Museum of Everything



"Le seul musée ambulant du monde pour ceux qui créent sans intention, sans éducation et sans célébration artistique", The museum of Evertything, pose ses valises à Paris dans un ancien séminaire du boulevard Raspail investit par La Chalet Society.
L'ancienne école accueille sur trois étages plus de 500 oeuvres d'artistes "marginaux", des outsiders. Après avoir gravi les escaliers qui mènent au troisième étage, la visite commence et s'ouvre sur une une pièce consacrée aux pages illustrées en secret par Henri Dager et découvertes après sa mort. De jeunes écolières dotées de sexe masculin dansent sur les murs. Deux visiteuses dissertent à voix haute sur le mélange de naïve beauté et de terreur que leur inspirent ces panneaux. Martine en enfer. Derrière un rideau, dans une pièce voisine, le révérend Jesse Howard peint sur des panneaux de bois des versets de la bible. Au loin un gospel, à moins que ce ne soit un chant vaudou, une incantation chamanique. J'avance le long des couloirs. Il y a des pièces comme des églises, des autels. Il y a dieu et des dieux. Il y a de la peinture jetée comme un cri, des huiles malhabilement léchées, des bas reliefs gravés, usés, griffés. Il y a le paradis et l'enfer avec son cortège de créatures démoniaques. Chaque recoin de la bâtisse, jusqu'aux cabines de douches, cache une peinture, un dessin, une sculpture, une accumulation/installation ; Des oeuvres parfois obsessionnellement minutieuses, parfois d'une simplicité déconcertante. Ça sent la folie douce, parfois terrible. Ça sent la vie et la mort. On croise des visages connus (Aloïse Corbaz, Lobanov, William Dawson, ...) et d'illustres inconnus. Le plâtre parfois est tombé des murs, les marches de bois craquent sous mes pas. Un châtiment divin...
J'avance de salle en salle.
Trois étages plus bas, un peu secoué, chamboulé, ivre de cette liberté, peut-être mal à l'aise (?), j'atterris au feutré café du musée of everything juxtaposant le shop (un peu comme à la sortie du train fantôme quand on tombe sur le vendeur de barbe à papa). Ici on peut acquérir des tas de petites choses, prétendument bruts, peut-être même des portes clés ou des sets de table, je ne me souviens plus très bien. Je me souviens juste que les prix avait de quoi faire pâlir tous citoyens de la middle class et que plus simplement toute exploitation commerciale en produits dérivés de ce que je venais de voir était plus que déplacée, voire douteuse. Le catalogue à 80 euros met tombé des mains (tout comme la version light, format A Nous Paris, papier journal, 15 euros) et pas questions de repartir avec quelques photos souvenirs, il est clairement annoncé un peu partout que chaque prise de vue sera sanctionnée d'une amende de 1000 euros... Art is money (même celui des fous)
C'est à voir (et ça vaut le coup d'oeil) jusqu'au 16 décembre 2012.

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