vendredi 20 avril 2012

Gueules cassées


Il est rare que l'affichage public suscite autant de réactions qu'en période électorale. Le rapport est physique, souvent violent : on gratte, on déchire, on arrache on détourne, on efface. Avant même de glisser notre bulletin dans l'urne le besoin d'expression est grand. Nos propres déchirements prennent formes ici, sur les murs de la ville, face à ces portraits souvent trop satisfaits. Sous les ongles les traces de nos propres impuissances, dans ces papiers déchirés une affirmation d'existence. Racler la surface, faire tomber les masques et déchirer pour approcher, pour éprouver le politique. Abimer la belle image du vainqueur pour raconter nos existences, nos possibles révolutions et dans le papier ainsi lacéré montrer nos propres blessures citoyennes.




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