lundi 4 juillet 2011

0 g CO2/km



J’aime me déplacer à vélo, prendre le temps, m’arrêter ou bon me semble. Avec les beaux jours revenus c’est à nouveau mon moyen de transport préféré. Ça me fait du bien. C’est un moyen de garder la forme, mais surtout un moyen de garder les yeux ouverts et la tête bien sur les épaules. Un moyen aussi d’être en contact avec la ville, de la sentir vivre et évoluer, de traverser ses quartiers, de croiser ses populations, d’en cerner ses détails, de se perdre et de découvrir. C’est un bon moyen pour ne pas utiliser sa voiture, plus rapide et moins contraignant que les transport en commun, le meilleur moyen de rallier un point A à un point B sans ignorer ce qui existe entre ces deux points. Dans “Journal à bicyclette” David Byrne parle de méditation lorsqu’il parle de ses déplacements. Je le rejoins sur ce point.

J’ai donc offert un vélo à ma compagne pour partager avec elle ces sensations, les lui faire découvrir afin que nous puissions nous déplacer ensemble lorsque cela est nécessaire mais aussi pour qu’elle adopte pour elle ce moyen de déplacement. Les premiers coups de pédale ne sont jamais évidents (je me souviens des miens...). La sensation d’évoluer en milieu hostile est la première qui l’envahit. Des camions, des voitures, partout. Et puis on prend confiance, tout doucement, on apprend à trouver les bons passages, à rejoindre rapidement une piste cyclable, à l’abri du tumulte de la circulation...




Nous rejoignons l’Hôtel de Ville en prenant le temps de faire une halte sur la Place Stravinsky, juste à côté du Centre Pompidou. Jef Aérosol vient d’y achever une fresque monumental de 20m de haut, “Chuuuttt !!!”. Autoportrait en noir et blanc sur toute la hauteur de la façade, index devant la bouche pour inviter au silence, petite flèche rouge pointée vers sa pupille. Je vous ai à l’oeil ! Derrière lui semblent s’agiter des tonnes d’énergies matérialisées par de la couleur en ébullition, en mouvement, des giclures, des éclaboussures. Il est tôt, quelques touristes s’agitent déjà autour des fontaines, d’autres prennent un café en terrasse. Dans la salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville quelques belles oeuvres empruntées au musée d’Orsay sont exposées. Monet, Degas, Caillebotte, Pissaro, Gaugin, Van Gogh nous offrent leurs regards sur le Paris de l’époque, architectures, paysages et modes de vie, à l’atelier, dans les cafés, à l’opéra.




Un déjeuner rapide dans un restaurant japonais du côté de la rue de la Roquette et nous rejoignons la Générale, avenue Parmentier ou Invader vient de fixer son 1000 ème petit envahisseur. On entre dans l’exposition en traversant un container. Au plafond une boule à facettes, au sol, de petits carreaux de mosaïque qui crissent sous nos pas. A l’intérieur un énorme Rubik’s Cube nous accueille. Autour, des objets du quotidien de l’artiste tapissés d’autocollants, un scooter, un frigidaire, des paires de baskets. Un juke box diffuse de la musique, aux murs des pochettes de disque reproduites à l’aide de Rubik’s Cube. Il faut cligner des yeux pour mélanger les petits carrés de couleur et laisser surgir les images, des affichettes nous invitent même à les regarder à travers l’écran de notre téléphone portable. A l’étage les reproductions photographiques des 999 petits envahisseurs déjà présents dans Paris occupent tout un mur. 
Retour dans la rue et plaisir de croiser ces mosaïques de l’espace en liberté. Cela à plus de sens pour moi. Difficile le passage de la rue à la galerie...




Nous rentrons en direction d’Aubervilliers en passant par les quais du Canal Saint Martin, Stalingrad, La Villette, quai de l’Allier...Reflet des constructions à la surface du canal.

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