samedi 20 mars 2010

Darshan de Bartabas au Théâtre Zingaro


Parenthèse poétique au coeur d'une semaine tendue et agitée avec la dernière création de Bartabas au Théâtre Zingaro au Fort d'Aubervilliers. Nous (les spectateurs) prenons place au centre de la piste sur des gradins en forme de cône, gradins qui tournent très lentement sur eux-mêmes au cours du spectacle et font faire à notre regard un tour complet (ou peut-être plus...). Le spectacle se déroule autour, derrière une toile sur laquelle sont projetées les ombres des chevaux et des cavaliers-comédiens. Nous sommes au coeur d'une lanterne magique. Jeu d'ombres et de lumières, de couleurs, perception de flous et de nettetés. Les ombres grandissent, rapetissent, les rapports d'échelle ne sont plus respectés. Mouvement rotatif, inversion. Plongé dans le noir je perds pied tout doucement, je suis en apesanteur, sensation d'irréel. Des ombres fantasmagoriques défilent, des oiseaux volent lentement, tantôt noirs, tantôt blancs, j'entends un air d'opéra, défilé de chevaux de bois, de jouets derrière le rideau, puis soudain devant, retour à la réalité... Je suis bercé, je flotte, je rêve en pleine conscience, je suis saoûl et heureux. Des divinités égyptiennes à nouveau derrière le rideau, le son d'une respiration à travers un masque, un cavalier debout sur sa monture danse, casque sur les oreilles. Oppressantes obsessions, enfermement, je navigue entre la peur et la joie. Chevaux noirs, blancs, robes magnifiques, corps sculptés, envolées de crinières... Poursuite au lasso, devant et derrière la toile, hommes et femmes qui courent, parfois en sens inverse, se touchent les mains, finissent par tomber au sol, restent immobiles.
Je me retrouve dehors, étourdi, devant un grand feu de palettes de bois, parfum de cheval plein les narines... Le spectacle m'a bouleversé, chahuté, les avis sont partagés. Oui, oui, c'était déroutant, mais quoi de plus magnifique que de se faire un peu bouleversé, surprendre...

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