lundi 15 février 2010

Le coeur en dehors


Tenter de se définir ou de définir l'autre, c'est souvent noyer l'humain dans sa diversité, le réduire à une simple condition, à un état unique et effacer ses multiples facettes. Parler aujourd'hui de malades, de SDF, de migrants, de sans-papiers c'est tenter de nous faire oublier les aventures humaines, les vies et les histoires qui se cachent derrière ces appellations, ces étiquettes.
Tout le talent de Samuel Benchetrit dans son roman "Le coeur en dehors" est de nous porter aux côtés de Charly, petit gamin vivant dans une cité de banlieue parisienne sans jamais le réduire à sa condition, mais au contraire de nous montrer la diversité de ses sentiments, de ses joies, de ses peines, de ses difficultés, son innocence face au monde, nous montrer que tout cela est du même ordre que ce que nous pouvons tous connaitre, universel (l'amour pour une mère, l'absence d'un père, les amours de jeunesse, l'école et l'éducation, l'autorité, la mort, etc,...). Charly est un gosse comme un autre. Mais tout cela devient plus difficile à vivre pour lui lorsqu'il commence à sentir peser sur ces épaules d'enfant toutes les différences que font naître les catégories dans lesquelles la société va tout doucement tenter de le cloisonner, lorsqu'il en prend conscience jusqu'à en oublier qui il est, à disparaitre comme Bilal se noie en mer en allant rejoindre la fille qui l'aime dans le très beau film de Philippe Lioret, "Welcome".

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