mercredi 5 août 2009

La coupure de Buren au Musée Picasso


Une lame triangulaire noire coupe en deux le bâtiment, un miroir, supporté par un échafaudage imposant, s'avance dans la cour et me fait d'abord croire à des travaux de restauration. L'ensemble évoque un verre brisé, planté dans la pierre, et je cherche les traces de la blessure sur la façade. Mais la "Coupure" est nette, sans dégâts occasionnés. Sur les fenêtres, des carreaux de couleurs, rouge, jaune, vert, suivant la lumière et son inclinaison, des projections colorées sur les murs, les marches, les miroirs, des bandes blanches et noires. La circulation intérieure en est complètement chamboulée, certaines peintures disparaissent derrière les échafaudages, les miroirs, réapparaissent après quelques pas sur le côté, les déplacements en deviennent hésitants, difficiles, sans cesse confronté à son reflet. Certains s'en amusent et se prennent en photos, déformés, en riant, comme dans un parc d'attraction. Parfois la sensation d'être perdu dans l'envers du décor, de s'être égaré... L'attention des enfants est vite captée par cette "galerie des glaces", détournée des oeuvres de Picasso que nous sommes venus voir une dernière fois avant les travaux... Qu'importe, j'ai eu le temps de faire (rapidement) le plein de vibrations colorées et d'énergies picturales...

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