samedi 8 novembre 2008

Prise de vue, prise de conscience

Petite insomnie matinale, j’en profite pour finir "L’invention de Morel" d’Adolfo Bioy Casares, le récit fantastique d’un homme en fuite sur une île déserte où des hommes tentent d'accèder à l’immortalité en se filmant puis en projetant ensuite à l’aide d’une machine infernale leurs images dans le paysage. Par amour pour un de ces personnages devenus fictifs, le fugitif procèdera de la même façon et passera de l’autre côté de l’image.
Puis un bruit dans la nuit, je me dirige vers la chambre des enfants et j’observe ma fille qui se lève, allume la lumière, soulève son matelas, récupère sa tétine, éteint la lumière et se recouche. Je suis fasciné par ce geste, car il y a quelques mois encore il aurait été remplacé par des cris et des larmes d’appel à l’aide… Les parents sont toujours ébahis par ce genre de geste, par ces premiers pas vers l’indépendance.


Je regarde cette photographie de l’endroit où je travaille prise la semaine dernière et je me rends compte que le temps est passé très vite ces derniers jours. Tout est en plan, rien n’a bougé. Je n’aime pas ces situations, quand je laisse le temps s’insinuer dans mon travail, toujours peur de perdre le fil… Et j’éprouve des remords, des regrets, presque un malaise, quand je me rends compte que je n’ai pas été à la hauteur de ce que j'avais ambitionné... Je me mets au boulot dès mon retour de week-end.

2 commentaires:

  1. Anonyme8:52 AM

    Chaque jour je constate que ma création, ma vie, la beauté, la liberté, l’amour, n’ont pas de « but ». Dès qu’il y a volonté, ambition, but, désir d’obtenir quelque chose, je retombe dans le connu, et frustration et déception sont au rendez-vous à un moment ou à un autre. Si par contre j’arrive à m’affranchir de tout but, et de toute image intérieure quand j’entre le matin dans mon atelier, alors tous les possibles peuvent surgir et avec, mon étonnement.
    Je pense que cette attitude perceptive peut rayonner et induire des changements en soi et chez les autres. Observer, se remettre en mouvement, ne pas se juger et s'affranchir de toute autorité intérieure ou extérieure(c'est à dire tout s'autoriser dans l'atelier).
    Qu’en penses-tu ?

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  2. Anonyme9:16 AM

    Je suis assez d’accord avec toi, je dirais même que je suis "idéalement" d’accord avec toi. Mais qu’entendons-nous par but, ou plus exactement par se fixer un but? Le but serait-il un point lointain vers lequel on tend, ou plus simplement un point de départ, une prise de décision, le moteur d’une volonté, une ligne directrice ? Faut-il parce que je me suis fixer un but, ne pas changer de cap, ne pas être ouvert à autre chose, ne pas être attentif? Lorsque tu pousses la porte de ton atelier, tu as un but, celui d’aller peindre, mais devant ta toile, avec tes pinceaux, tu laisses venir à toi tout ce qui veut, doit venir à toi. Le but comme une paire de menottes, non, mais le but comme quelque chose qui s’oppose à l’errance, je ne suis pas forcément contre. Je n’ai pas particulièrement de but dans ma vie, j’essaye d’être un homme juste avec moi-même, ma famille, les autres, mon travail, le monde qui m’entoure… et quand je dis j’essaye, je suis déjà face à un désir, une ambition, un but, donc face à un risque d’échec, de souffrance. Je ne conçois donc pas le but comme un point vers lequel je dois me rendre forcément et le plus rapidement possible, les yeux rivés au sol, mais comme l’idée d’un cheminement avec une destination souhaitée, la volonté d’y arriver, je conçois le but comme une exigence. Voilà pourquoi, effectivement, parfois j’éprouve un certain malaise lorsque je constate quelques égarements en cours de route, l’idée que j’ai d’être bêtement passer à côté de quelque chose d’essentiel…

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