
C'est Miles Davis qui fait la Une de A Nous Paris cette semaine à l'occasion de l'exposition qui lui est consacrée à la Cité de la Musique, "We want Miles", avec une photo tirée du magazine Rolling Stones réalisée à l'occasion d'un entretien à son domicile new-yorkais, en 1969.
Je m'apprête donc à métamorphoser cette Kouv comme je le fais maintenant depuis quelque temps sauf quand cette dernière ne m'inspire vraiment pas, ce qui, il faut bien le dire, est extrêmement rare.
Je suis un grand amateur de la musique de Miles Davis, admiratif de l'homme et de son parcours et très rapidement je me trouve en difficulté... Le gaillard semble intouchable! Comment ne pas le faire disparaitre sous mes coups de pastels et de feutres mais au contraire conserver sa grandeur, comment maintenir l'ambiance de cette photographie, comment transmettre et faire transpirer mon admiration pour le personnage et sa musique. Il me regarde, les bras posés, les mains jointes, nous sommes face à face. Alors je vais avancer en improvisant comme un musicien de jazz, libre, je pense à sa stature si particulière, instrument pointé vers le sol et tonalité pourtant si aérienne. Je passe du noir au blanc, apparitions et disparitions se succèdent, je gratte, j'efface, je recouvre à nouveau. Tout doucement un personnage s'impose, une divinité africaine, une danse, des vibrations... Je ne maitrise pas totalement mon dessin, je pense avoir échoué...
Parfois une peinture, un dessin, se termine tout seul. Il faut l'oublier quelques temps, laisser les choses se faire. Ce soir, en regardant à nouveau cette métamorphose je finis par l'accepter, la comprendre, aussi, je la livre ici à vos regards!